lundi 27 octobre 2014

"On forme dans les universités publiques des étudiants dont le métier sera de créer des schémas d’évasion fiscale" - L'Humanité.fr

Eric Bocquet sénateur PCF du Nord



Eric Bocquet est le rapporteur de commissions d'enquête au Sénat sur l'évasion fiscale et ses acteurs. Il est également l'auteur de nombreuses propositions et amendements visant à lutter contre ce fléau. Dans cet entretien, il nous explique les freins qui empêchent une lutte efficace contre l’évasion fiscale, et nous décrypte la chaine des responsabilités.

A la Commission Européenne comme au sein de l’OCDE, l’évasion fiscale semble plus que jamais d’actualité.
Eric Bocquet. Le sujet de l’évasion fiscale est devenu incontournable. La crise est là, les Etats sont à la recherche de recettes, le nombre de millionnaires augmentent et ces gens, moins de 1% de la population là jouent avec 263 000 milliards de dollars. C’est faramineux, le budget de la France à côté est ridicule.

Condamnation de Wafa Charaf en appel. Quel signal avant la tenue du deuxième Forum mondial des droits de l'Homme ?

Marie-Christine Vergiat
Députée européenne Front de Gauche -22/10/14
 
Hier, la cour d’appel de Tanger a condamné Wafa Charaf à deux ans de prison ferme.
Membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et du Mouvement du 20 février, Wafa Charaf a participé le 27 avril à un rassemblement de soutien à des ouvriers de la multinationale américaine Greif, licenciés après la création d’une section syndicale.
Au terme de la manifestation, Wafa Charaf a été enlevée, jetée dans une voiture banalisée, séquestrée plusieurs heures avant d’être abandonnée au bord d'une route à 12 kilomètres du centre-ville.
Elle a osé déposer plainte contre la police tangéroise pour enlèvement et torture. À la suite du dépôt de plainte, elle a été arrêtée à son domicile avant d'être accusée "d'allégation mensongère" et d'"atteinte à la police".
Condamnée en première instance le 11 août dernier à un an de prison ferme et à une amende équivalente à 5 000 euros pour « mensonges et diffamation » - un premier procès qualifié d’« inéquitable » et de « politique » par la Ligue des droits de l'Homme, Wafaa a comparu en même temps que Boubker El Khamlichi, dirigeant de la Voix démocratique, condamné lui à un an de prison avec sursis et à une amende de 89 euros pour « entrave à l’enquête » alors qu'il avait été acquitté en première instance.
Il est pour le moins étonnant que ces condamnations aient lieu alors même que la plainte de Wafa Charaf qui doit juger des faits n'a pas été examinée.
Ce jugement s’inscrit d'ailleurs dans un contexte global de répression contre les mouvements des droits de l'Homme au Maroc qui a été dénoncé par la plupart des grandes ONG qui œuvrent en ce domaine.
Alors que le Maroc accueille le mois prochain le deuxième Forum mondial des droits de l’Homme, c'est un mauvais signal qui est ici envoyé.

Georges Ibrahim Abdallah : « Prisonnier politique pour raison d’État »

Le 25 octobre, des dizaines de militants marseillais se rendent en bus à Lannemezan (Haute-Pyrénées) pour demander la libération du plus vieux prisonnier politique d’Europe enfermé en France depuis 30 ans. Se joignent au rassemblement de 14h devant la prison, des Parisiens, Nantais, Rennais, Lyonnais, Toulousains, Bordelais… Romain Hunter, militant du collectif Paca pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, nous explique son combat.
La Marseillaise. Qui est Georges Ibrahim Abdallah ?
Romain Hunter. C’est un militant communiste libanais qui s’engage dès 16 ans dans les mouvements nationalistes arabes. Le Liban entre dans une guerre civile dans les années 70 dans laquelle Israël intervient à plusieurs reprises, 1978-1982. Il mène donc un combat pour la libération nationale et sociale en rejoignant le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) puis les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL). Et prend fait et cause pour les droits nationaux des Palestiniens incluant le droit au retour. Considérant inacceptables les ingérences extérieures, le militant anti-impérialiste trouve légitime de mener la résistance à l’échelle internationale.
La Marseillaise. Pourquoi est-il emprisonné depuis 30 ans ?
Romain Hunter. Il est arrêté en octobre 1984 à Lyon pour la détention d’un faux passeport algérien. Son procès s’ouvre le 23 février 1987 dans un climat tendu. Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. En 1986, une série d’attentats dans des espaces commerciaux et publics fait des morts imputés à un groupe pro-iranien, mais le mal est fait en associant la famille Abdallah au terrorisme. On impute à Georges Ibrahim Abdallah deux attentats commis en 1982 et revendiqué par les FARL. L’un contre Charles Ray, responsable de la sécurité à l’ambassade des États-Unis, membre de la CIA et Yacov Barsimentov du Mossad israélien, 2e conseiller à l’ambassade d’Israël. L’avocat de G.I Abdallah, Jean-Paul Mazurier, renseignait les services secrets français (DGSE). Jacques Vergès prendra le relais, après le décès de ce dernier, Jean-Louis Chalanset assurera la défense.
La Marseillaise. Il est libérable depuis 1999, pourquoi la France s’acharne t-elle contre lui ?
Romain Hunter. Il a fait dix demandes de libération conditionnelle. Et même si le tribunal d’application des peines de Paris a accepté sa libération sous condition d’expulsion vers le Liban, le Ministère de l’Intérieur ne signe pas l’arrêté pour des raisons politiques. Certains voudraient même qu’il renie ses convictions. Il y a 4 ans, un rapport de l’ex-DGSE informait que sa libération serait négative pour l’image et les intérêts de la France au Liban. Les États-Unis et Israël font également pression.
La Marseillaise. Un collectif pour sa libération s’est créé, avec quels objectifs ?
Romain Hunter. Trois villes, dont Bagnolet (93), l’ont déclaré citoyen d’honneur. Des députés (FdG, EELV, PS) exigent sa libération. Notre 1er objectif est de rendre visible un cas que les mass-médias n’ont jamais traité. Le 2e objectif est de faire en sorte que, dans le mouvement de solidarité pour la Palestine, la cause de Georges Ibrahim Abdallah soit entendue. Ce collectif partage avec lui les idées anti-impérialistes et la solidarité avec les peuples opprimés au proche-Orient et partout dans le monde. L’ancien patron de la DST, Yves Bonnet, réclame également sa libération considérant qu’il n’est pas un terroriste mais qu’il a agi pour des actes de résistance à l’oppression. Les militants d’Action directe ont été libérés, c’est au tour de Georges Ibrahim Abdallah.

Propos recueillis par Piédad Belmonte (La Marseillaise, le 22 octobre 2014)

Dossier hebdomadaire d’aide à la communication de proximité - du 27 octobre au 2 novembre 2014

Sommaire

Édito : La liberté au cœur du combat communiste
Articles :
  • Réforme territoriale. Inégalité et privatisation
  • La pauvreté explose. Le pouvoir complice
  • Politique familiale

Dossier hebdomadaire d’aide à la communication de proximité - du 20 au 26 octobre 2014

Sommaire 
Édito : Les communistes en Conférence nationale

Articles :
  • Urgence. Changer de cap
  • Idéologie Libérale. Pilonnage
  • À gauche. Rencontre

Italie: grande manifestation samedi dernier à Rome contre la casse du Code du du travail

UL CGT Dieppe

Source: AFP

Serait-ce le réveil de l'Italie populaire ? Des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Rome, samedi 25 octobre 2014, pour dénoncer la casse du Code du travail par le gouvernement Renzi, et rappeler au chef du gouvernement qu'il allait devoir compter avec les salariés.

Dans le même esprit que les revendications du Medef en France, le gouvernement Renzi prévoit de faciliter les licenciements, en Italie, sous prétexte d'encourager les embauches, et prévoit de réduire les droits et protections des salariés dans leurs premières années de contrat.
Le projet de loi de cette réforme, appelé "Jobs Act", a été approuvé le 9 octobre par le Sénat — le gouvernement avait posé pour cela la question de confiance — et doit encore recevoir le feu vert de la Chambre des députés.

La manifestation — selon la principale organisation syndicale du pays, la CGIL — a mobilisé un million de personnes. Les forces de l'ordre n'ont, pour leur part, fourni aucune estimation.

"Nous voulons du travail pour tout le monde, et du travail avec des droits. Nous manifestons pour ceux qui n'ont pas de travail, pas de droits, ceux qui souffrent, ceux qui n'ont aucune certitude pour l'avenir", a déclaré à la foule Susanna Camusso, secrétaire générale de la CGIL.
"Nous sommes ici et nous n'allons pas en partir. Nous allons faire grève, et nous allons mobiliser nos forces pour nous battre afin de changer les politiques du gouvernement", a-t-elle ajouté en annonçant une nouvelle manifestation le 8 novembre.

En tête des cortèges qui ont sillonné la capitale italienne dans la matinée, des milliers de jeunes venus de tout le pays ont brandi les drapeaux rouges de la CGIL, en chantant l'hymne national.

Le chômage des jeunes est actuellement de 44% en Italie, et la plupart des premiers emplois restent précaires. "Nous sommes ici pour dire que l'insécurité de l'emploi n'est pas notre destin. Nous voulons des investissements dans l'avenir", a lancé à la foule un jeune armé d'un mégaphone.

dimanche 26 octobre 2014

Capitalisme: évasion fiscale 1 000 milliards d' € au sein de l' Union Européenne, 50 à 80 milliards en France

Eric Bocquet sénateur communiste du Nord - Propos recueillis par Pierric Marissal - Jeudi 23 Octobre 2014  - Journal l'Humanité
Eric Bocquet est le rapporteur de commissions d'enquête au Sénat sur l'évasion fiscale et ses acteurs. Il est également l'auteur de nombreuses propositions et amendements visant à lutter contre ce fléau. Dans cet entretien, il nous explique les freins qui empêchent une lutte efficace contre l’évasion fiscale, et nous décrypte la chaine des responsabilités.


A la Commission Européenne comme au sein de l’OCDE, l’évasion fiscale semble plus que jamais d’actualité.
 
 Eric Bocquet. Le sujet de l’évasion fiscale est devenu incontournable. La crise est là, les Etats sont à la recherche de recettes, le nombre de millionnaires augmente et ces gens, moins de 1% de la population là jouent avec 263 000 milliards de dollars. C’est faramineux, le budget de la France à côté est ridicule.