Quatre syndicats de la fonction
publique (FSU, CGT, Solidaires et FA-FP) font part de leur colère à
François Hollande dans une lettre ouverte rendue publique le
23 octobre. Ils dénoncent une politique aux “conséquences néfastes” pour le service public et les agents et appellent à une mobilisation le 18 novembre devant l’Assemblée
nationale.
Selon les organisations syndicales, les fonctionnaires n’en peuvent
plus. Alors que les négociations s’engagent avec le ministère de la
Fonction publique sur les parcours professionnels, les
carrières et les rémunérations des agents [lire notre article], le
message des syndicats est cette
fois directement adressé au président de la République. Les
syndicats appellent par à ailleurs à un rassemblement le 18 novembre "devant l’Assemblée nationale et partout sur le
territoire".
Dans une lettre ouverte adressée à l’Élysée et datée du jeudi
23 octobre, la CGT, la FSU, la FA-FP et Solidaires mettent en garde
François Hollande contre des réformes ayant “pour
objectif central la recherche de réduction des coûts” [cliquez ici pour accéder à la lettre]. “Les inquiétudes sont grandes face aux
projets en cours : réforme de l’État, revue des missions publiques, réorganisation territoriale, projet de loi de santé”, citent les syndicats.
1 million de smicards
“Aujourd’hui, plus d’un million d’agents vivent avec des revenus
équivalents au Smic, voire en dessous pour celles et ceux qui sont à
temps partiel imposé”, soulignent-ils alors que
Manuel Valls a confirmé le gel de la valeur du point d’indice jusqu’en 2017. “Comment accepter que cette valeur ait décroché de l’inflation de 14 % depuis le 1er janvier 2000 ?” martèlent les organisations syndicales.
Si elles saluent la priorité accordée à l’éducation, la sécurité et la justice, “nous ne pouvons admettre que ce renforcement se fasse au détriment de tous les autres secteurs”,
écrivent-elles, dénonçant les conséquences en termes de “perte de repères quant aux missions”, de “souffrance au travail” et de “désorganisation des
services”. Et de pointer du doigt l’objectif de 50 milliards d’euros d’économies et les aides aux entreprises qui, selon elles, “ne produisent aucunement les résultats
nécessaires”.
Pour une autre fiscalité
De peur de passer pour des défenseurs invétérés du statu quo, les représentants des fonctionnaires ne nient pas la nécessité de réforme. “S’il
y a bien un secteur qui, au
fil du temps, s’est fortement modernisé, adapté, c’est celui des
services publics, afin de toujours répondre mieux aux besoins de la
population”, estiment-ils.
Conscients des contraintes économiques et du manque de financements
pour maintenir le modèle social français, ils en appellent à “une véritable réforme fiscale basée sur davantage de
justice sociale, symbolisée par l’impôt progressif sur le revenu”. Ils rappellent également l’impératif de lutte contre la fraude fiscale, estimée à 60 milliards d’euros par la Cour des
comptes.
Alors que les débats font rage au sein de la majorité sur la “bonne”
politique à mener et que des élections professionnelles auront lieu
dans quelques semaines dans les trois fonctions publiques,
cette lettre résonne comme un ultime cri d’alerte des syndicats.
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